Sa connaissance de ma douleur




















À Carlo Emilio Gadda



N°1




Courbée
L'échine et le moral vicié
Dodo dodo
Les fruits de la passion sont amers aux gorges profondes
Le jour fend à coup de coude sa marche vers la fin, il en bave
C'est bien ainsi que vont mes choses
Tout en remuant en tous sens dans leur cilice
J'avoue que j'abandonne
Dodo dodo
 Là manquent l'ivresse et le goût sans borne pour l’inopportun
Manquent les feulements et l'odeur des fauves
La vie étalée toute pareille à plat sous ma lanterne
Aucun danger de chute
J'attends le précipice et m'assieds
Dodo dodo
Le rythme est stable, so is the pasteurization
Je prends soin d'un corps morne
Avec l'expertise d'une nourrice aphone
Appliquée aux détails, les seuls qui survécurent
Les hygiènes élémentaires bloquent derrière leurs barbacanes
Toute danse vaudou à moitié mutuelle
Deux, c'était déjà un nombre
L'heure des braves sonne douze fois par jour
Allongée enfin, les bilans atrabilaires abondent








N°2

Je l'ouvre
Pourtant je l'ouvre
Au prix d'une extraction de principe
Hissant à bout de bras le souvenir ému des jeux d’antan
Je l'ouvre pourtant et par rebonds le suis, mal à l'assidu
Rester concentrée me fond dans la bouche,  j'échappe à la liaison
Je glisse en avant, m'immobilise, divague en veux-tu
Rejoins seule la procession, il est tard à Milan
  Soudainement il m'assomme d'un baiser sur l’hypophyse
Carlo, doux ami de mes déviances suspectes
M'assimile et arrache un éclat de rire à la sorgue
Un radeau
Tout fébrile sous les voûtes me traînant sur le sable
Échoué là au centre de sa prose moult iodée
Je trébuche
Il enlace sans prémisse la nuque affaissée
Des épreuves à développement durable
De la Joie
Ingénieur des Électroniques Abrutissantes
Les effets de son Style m'accouplent aux draps
Beaux, beaux, dans lesquels il me met
Patient avec la vertu des grandes dépressions
En connaisseur, choyant l'ulcère
Rasant les vagues à l'âme de très près
Carlo, doux frère de lait
Rutilante à mon ouïe,
L'hilarité secoue les poussières
Gadda
Dodo dodo



Juillet 2011