Chronique Accablement




 











Par monts, par vaux, toujours mouvante
Ceinturée par mon sourire orthopédique
Rimant en haut, arrimée en bas
Le souffle court de ma survie pousse les unes après les autres 
Les formules de politesse
Tout passe à travers les lèvres gercées de ma vitalité grimaçante
Mais il y a des jours, il y a des jours tous les jours
Qui délimitent l'espace de ma disparition
Garantissent la pérennité de mes effondrements
C'est leur job
L'instant de l'insouciance, ils l'archivent
Les hochements de tête, ils les condamnent à la minerve
Sanglent dans mon dos mes poignets bien avant que les paumes applaudissent
Pendue au temps, je le suis mais les pieds ne balancent pas dans le vide
  Ni ma langue, ni rien puisque je me surveille
Je m'impatiente un peu
Je n'y crois pas, ce temps !
Brisée obscure, incognito
Incapable d'encore prendre ma vessie pour sa lanterne
Je m'imite au mieux et l'urètre se referme, plus un mot de neuf à faire couler
Il a tellement pissé mon génie !
M'enfermer dans la mutité radoteuse des solitudes ?
Épuisée par les exigences hystériques de l'ego
Condescendante à ma personne avec acharnement
Je me retrouve, dérapant sur le baume au cœur
M'attendant, tout en patience et ressentiment
À tout, je n'y crois que très peu
Aux raisons que j'imaginais, moins encore
  Puisque rien de ce qui pourrait me faire enfin avancer sur le léger
Ne résiste jamais
Au étendues glissantes de mon sol argileux.







Juin 2011