Staten Island et autres brumes















Lune rousse et plate au creux des reins
Les muscles dorment autour de leurs poings dans les valises
Tout pourrait sembler sans but autre que le désordre
L'équipement s'implante et les heures sans mesure plient
Sous les nuances de leurs écharpes


J'attends, encore j'attends
Je mesurerai chaque pas dans le cercle de métal des chronomètres
Et me battrai contre les tasses en carton et le froid lumineux
J'aborde la dernière ligne des piétinements avant la douane


Chaque lieu effleure à mon corps défendant
La mémoire de ses appels à l'embarquement
Qui bouleversaient l'ordre de mes flux sanguins et brûlaient tout sur leur passage
Cette ville après tout est aussi celle des vagabonds patients


Certaines intimités tragiques se créent sans heurt
Je m'incline et sens dans le fond de la bouche
Tous les éclats des surprises inaudibles
Les hauts-lieux de la fournaise dorment aussi parfois
Peur ne doit,
Tout vient.




Décembre 2011