Sous l'épavée















Dis
Que rien de la Solitude ne se révèle avant d'échouer
Plaquée sous ma propre disparition comme par inadvertance
Je trébuche
Au détour d'une figure indécidable
Rien sans surgir d'abord et envoûter le silence

Je suis plusieurs, on est encore sauf
Autour plus de voix
C'est ailleurs
L'absence sans limite
C'est ailleurs
Dans la visible vacuité les sons transportent un autre son
Un monde à l'envers à reprendre à la gorge
Forcément serrés, les deux

Chaque minute à créer sous le pli des souvenirs confus
De ce que me souvient d'être
Avant
Quelqu'un, une cacophonie
Trop soi jusqu'à l'usure

Face à ces paupières, closes à jamais en face
Polyglottismes identifiables, tous un peu regrettés
De la foule intime
Blottie derrière quelques remous de présence
Dignes des processions

Pour celui qui ne les suit
La terre est basse à l'unanimité
Couchée dessus taillée à l'emporte-pièce
Que restera-t-il de moi ?
Les réponses inconnues qui m'habitent m'étonnent

J'appelle, évidemment
J'appelle
L'attentive arrière-pensée qui me recouvrirait le soir
Quand je m'oublie, moitié ivre d'absence et porterait la salive
Glissant encore de ma bouche comme un calice
Hors d'atteinte de mes crocs
Envelopperait chacun de mes ahurissements de son rire acide
Bien sûr
J'appelle

Solitude de fait
Jetée du haut de la spirale émancipatrice
L'incrédulité crispée
Je glisse au long du harnais de ma mémoire, accompagne la chute
Inévitable et fascinante
L'ascèse ne dit jamais son nom. 

Mars 2011