La ville affreuse




 










Il s'agira
De traverser encore et de part en part
Un lieu où je ne serai déjà plus
Il s'agira
D'aller encore, le regard liquide
Mais se heurtant quand même aux limites et à leur prédictibilité
Il s'agira
D'en finir
Même dans le départ encore qu'allongés sur le dos, murs et cieux

La glaciale indifférence et la déchirure des appuis
C'est fait et immobile, le départ
La ville affreuse est en instance
L'attente et la conviction débordante de la nécessité
Le départ
Jusqu'à ne plus pouvoir sentir
Aucune de nos anciennes rumeurs communes
Absente, absente
Astreinte aux dépassements, murs et rues 
Connus jusqu'à la sève
Je retire ce que j'ai dit
Le lien s'est tu aux angles des passages
Je conduis yeux fermés sur le temps qui reste, murs et passants
Passant à autre chose
Qui n'est pas là encore mais occupe tout le sol de mes songes

Il s'agira
De partir enfin
De partir enfin
De partir enfin
De tracer sur cette transhumance qui n'en finirait plus
Une ligne bien claire
La nécessité des déchirures
La nécessité des exils
Trompeurs ou pas
L'hydratation des muqueuses sacrées
Les pulsations des rencontres visibles
L'étranger bienfaisant
L'impeccable de partir
Enfin




Caen, Février 2012